Marcel Boulanger "mécanicien d'appareils horaires"



Voilà donc pourquoi nous avons décidé de rencontrer Marcel Boulanger.
Rendez-vous pris quelques indications géographiques et nous arrivons devant un majestueux portail, grand et épais comme une porte de cathédrale, enserré par un murs de pierre sur lequel il y a bien des années déjà, une main avait peint l'enseigne du lieu.

Très belle horloge à complications (en plus de l'heure, elle renseigne sur le jour, le mois, indique aussi les quartiers de lune et sonne grâce à un carillon à trois timbres)
Franchement, je m'imaginais tomber dans quelque capharnaüm, ou caverne d'Ali Baba avec un déluge de tic tacs et des carillons qui sonneraient à tue tête...
Eh bien non, rien de tout cela.
Des pendules, certes, il y en avait partout, de toutes les formes, de toutes les couleurs curieux mélange de moderne et d'ancien, certaines semblant sortir des mains d'un génial créateur, d'autres ayant subi des outrages du temps que l'on oserait imaginer. Le plus spectaculaire, c'est que les premières étaient arrivées dans l'état des secondes, entre temps notre ami s'était "amusé" quelques heures.
Ce qui frappe les plus lorsque l'on bavarde avec Marcel Boulanger, c'est lorsqu'il affirme avec sérénité qu'il ne travaille jamais, mais qu'il s'amuse exprimant ainsi la parfaite réunion de l'utile et de l'agréable : faire le métier que l'on aime.

Marcel Boulanger a donc choisi de redonner vie à tous ces objets qui ont été inventés pour nous donner l'heure, satisfaisant ainsi le rêve le plus fou de l'Homme : maîtriser le temps. Et du temps, notre ami en passe dans son atelier rutilant, là même où il démonte, redresse, polit, lime, brosse, retaille, et enfin remonte, une fois que l'objet a repris sa parure d'origine.

Nous l'avons compris, Marcel Boulanger restaure l'ensemble de la machine à donner l'heure, là ou bien d'autres se contentent de réparer le seul mécanisme horloger. Et cette restauration intégrale passe aussi par le travail du bois, de la marquetterie, de la fonderie pour refabriquer un pied, une tête, une colonne...

C'est là que le temps semble s'arrêter, tant est grand le nombre d'heures passé à redonner fonction à un objet jugé mort, et tant est grand le décalage entre ce temps passé et le coût de la restauration.

A gauche, une horloge "dans son jus", quelques semaines plus tard un mecanisme flambant neuf (à droite)

Horloges à complications, mécanismes à tourbillons voire double tourbillons, montres à porter en bague ou horloges de clocher, rien n'échappe à l'oeil gourmand de notre "mécanicien d'appareils horaires, curieux de tout ce que le genie humain a su inventer pour habiller le temps qui file.
Alors, si vous retrouvez une antique mécanique d'horlogerie, transmise dans le patrimoine familial de granier en grenier, souvenez vous qu'il existe à une paire de lieues de Chartres un sorcier de l'heure qui saura parer votre vieille toquante des couleurs de la plus belle horlogerie.

Evidemment il y a bien un petit problème... Marcel Boulanger aura besoin... de temps.